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RIVIERE DU
BESTOUAN Cassis, Bouches du Rhône (13) Coordonnées 43,2136241475N / 5,53291284076E Plan
d’accès Topographie Compte rendu d’exploration Pratique
élargie Galerie photo Spéléométrie Développement
total 3750 m Profondeur
max -33 Une
des plus longues sources sous-marines du monde dont le siphon le plus long
fait 3 000 m avec un point bas à –33 dans la Galerie du Flou. A noter 3
cloches sur le parcours aux points 1300, 2640, 3000 et une autre dans un
diverticule vers 700 m. Historique Par
mer calme et à fortiori lors des grosses crues, l’eau saumâtre qui sort en
force dans la mer est nettement visible par tous et la source du Bestouan est
connue depuis la nuit des temps. Toutefois c’est seulement en 1945 qu’un
scaphandrier marseillais occupé à renflouer un bateau coulé en travers de la
passe du port de Cassis découvrit avec précision la plus importante sortie d’eau douce. Il
fallut attendre 10 ans pour que des plongeurs de l’Office Français de la
Recherche Sous-marine osent pénétrer réellement dans la rivière. Ils
atteignent ainsi le fond du puits par –15m. En 1965 le Groupe d’Etudes et de
Plongées Souterraines remonte la rivière sur 120 m et en 1966 atteint 400 m.
À la même époque, les plongeurs de la SEM effectuent diverses études sur le
débit et la salinité de ses eaux dans le cadre des travaux sur Port-Miou. En
1976 les membres du Comité Provence de la FFESSM reprennent l’exploration et
parviennent à 470 m. À leur suite, deux plongeurs de la COMEX atteignent 620
m et Bertrand LEGER du Spéléo-club de la Tronche butte à 770 m dans un cul de
sac. En février 1978, Claude TOULOUMDJIAN parvient à 1300 m de l’entrée après
une série de plongées. Puis c’est au tour de Francis LEGUEN de porter le
développement à 1400 m, arrêt sur zone de palier. En 1983 Claude TOULOUMDJIAN
reprend le flambeau et atteint 1580 m, puis 1859 m et enfin 2050 m. Le
Bestouan va être oublié quelques années, le temps que la technique évolue et
que les audacieux explorateurs s’organisent, le temps des incursions en solitaire
étant révolu pour aller au-delà d’un tel terminus. En 1989, c’est Francis
LEGUEN qui reprend le premier l’exploration et s’arrête au point 2290 m. Plongées
de Marc Douchet : 2 pointes en février 1990 portent le développement à 2390
puis 2460 m. Le
18/11/90, une nouvelle tentative nous amène à 2665 m pour 8 h d’immersion. Le 16/01/91 progression de 35 m (plongée de 9 h). Le
6/04/91 plongée à la palme terminus à 2900 m. Le
11 mai 1991. Plongée de 10 heures terminus 2950 arrêt sur un dédale de trois galeries en conduite forcée toutes
impénétrables. En
1992 nouvelle série de plongées pour trouver une
hypothétique autre branche. Découverte de la galerie du Flou à 2440 mètres de
l'entrée. Deux pointes portent son développement à 2590 m puis 2640 m (arrêt
sous une surface). Le
samedi 20 février 1993, arrêt à 2890 m de la mer à la profondeur de –31 m
dans une galerie de 3 m de section dirigée plein nord. Nouvelle
pointe le 20 mars 1993 arrêt sur trémie à 3000 m Grande
Galerie 2950 m arrêt sur étroiture point bas -30 Galerie
du Grand Flou 3000 m arrêt sur trémie point bas -33. Description de la cavité De
nombreux griffons sortent à la base de la falaise. Seuls deux conduits sont
pénétrables. L'entrée principale est un conduit étroit de 1 m de section par
-1 m avec un fort courant, même à l'étiage. Cette galerie d'environ 30 m de
long reste peu profonde et mène au sommet d'un puits. A noter qu'il y a
quelques cloches étroites le long de ce premier tronçon. Le
puits descend jusqu'à 15 m de profondeur. A sa base la galerie devient
spacieuse : 3 à 6 m de large par 3 à 4 m de haut. La profondeur varie entre
20 et 24 m sous le niveau de la mer. La roche est franche mais un dépôt
argileux important tapisse le fond. Vers 400 m, nous découvrons une superbe
conduite forcée lessivée par le courant. Ici, la rivière descend jusqu'à 27 m
le long d'une surprenante et imposante coulée stalagmitique. La hauteur du
conduit se réduit soudainement : 1 m puis 0,7 m le courant est d'autant plus
violent que la section est moindre. C'est une zone très boueuse. Les palmes
ne suffisent pas à la progression, il faut enfoncer les mains dans l'argile
pour avancer avec les inconvénients liés à la visibilité qui peut tomber à
quelques centimètres. Au
point 650 m depuis l'entrée, le courant est condensé dans une section réduite
(1 x 5), la rivière remonte sur une dune d'argile et frise la surface à moins
6 sans toutefois faire surface. Ce passage est particulièrement délicat à
cause du courant. Il faut se tracter sur la corde en place. Les scooters ont
du mal à remonter le courant. Sans scooter et sans corde il faut faire de
l'escalade, sans les palmes, pour gravir cette pente à 45°. Sur la gauche il
y a le départ cul de sac exploré par Bertrand Leger. Au point 700, la galerie
stoppe dans une cloche. Derrière
la dune d'argile la rivière replonge rapidement le long d'une pente
sablonneuse en laminoir. A partir de 700 m, la galerie reste principalement
spacieuse avec une succession de passages plus larges et de salles très vaste
(profondeur entre -22 et -28). A
1400 m la rivière pose un nouveau problème technique, elle fait surface au
profit d'une cloche étroite de 15 à 20 m de long. A noter que le plongeur
peut franchir l'obstacle en immersion totale en se maintenant au sol (-2 au
plus haut). Ce passage est un méandre déchiqueté de 1 m de large et de 2 à 4 m de haut. Il se développe sur prés
de 100 m. Après cela la galerie reprend une allure plus confortable (3 x 3)
en se maintenant vers -15. La direction générale fluctue de Nord à Nord-Est. A
2150 m la rivière plonge à -30 m et se maintient jusqu'à 2460 m dans une
profondeur supérieure à 24 m. la suite est très accidentée sur une centaine
de mètres. Le conduit ne fait plus que
2 à 3 m de diamètre et mène au point 2600 dans une salle de 15 m de section
(-30). Suit une galerie de 4 x 4 qui va progressivement remonter jusqu'à -4
en se rétrécissant peu à peu (2 x 2). La suite est très chaotique avec des
virages à 90°. Un peu après 2750 m, un puits de 2 m de section descend de -10
à -22 m. une lame franchie, et on se remonte par un puits parallèle à -20
pour finalement arriver dans une salle de 5 x 5 à 2900 m depuis la mer. Là,
confluent 3 galeries en conduite forcée de 1 x 1 m. Le courant violent est
très sensible dans les trois départs. Après
le franchissement d'une étroiture difficile, le conduit se ramifie en 2 branches impénétrables (à moins de
décapeler…), arrêt à 2955 m à -16. 25
m de progression encore plus périlleuse avant d'arriver au terminus
praticable (-20 fil rembobiné). 15
m de plus, arrêt à -16 après le franchissement d'une
étroiture devant une patte d'oie (2 galeries impénétrables, fil rembobiné). La
direction générale varie entre NNO et NE. La
Galerie du Flou : A
2440 mètres depuis la mer, vers -25, une zone de turbulence cache le départ
en rive gauche de cette grande galerie parallèle avec un courant tout aussi
violent que dans la galerie principale. A 2640 m depuis la mer, la rivière fait surface au profit d'une cloche qui mesure une dizaine
de mètres de long sur 3 ou 4 mètres de haut. Le sol est une trémie
d’effondrement jonchée de blocs. Faisant suite, la galerie plonge à 45 degrés
jusqu’à - 30 m. Vers
2750 m une trémie encombre partiellement la galerie. Celle-ci franchie, c'est
une nouvelle bifurcation. A droite, un départ semi horizontal stoppé 10 m
plus loin par une trémie infranchissable en capelé. Sur la gauche, un puits
remontant sur près de 12 mètres nous conduit dans une galerie horizontale
cylindrique de 2 m de section. Le courant est terriblement violent. Vingt à
trente mètres plus loin, la galerie s'évase et remonte légèrement pour former
une nouvelle trémie qui a stoppé les explorations depuis 1993 à 3000 mètres
depuis l'entrée en mer. A
près de trois mille mètres de l'entrée, les deux bras parallèles du Bestouan,
la Grande Galerie (2950 m -30) et la Galerie du Flou (3000 m -33) semblent
rencontrer le même obstacle géologique qui empêche la poursuite des
explorations. Le
développement total des conduits noyés explorés dans le Bestouan avoisine les
3800 mètres. Bibliographie : Info
Plongée N° 12, 31, 50, 52, 56,
58 UIS
Cave Diving 1991 Subaqua N°120 |